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Inconsistante inconstance

Je m'ancre à l'air du temps

Et surfe sur les vagues

Dans mes voiles y'a pas de vent

Dans mon souffle y'a pas d'âme

Dans mes rires y'a pas de blagues

Dans mes pleurs pas de larmes.

Je m'ancre à l'air du temps

J'déroute même les surprises

Dans mon eau y'a pas de blanc

Dans mes doutes y'a pas de troubles

Dans mes choix pas de guise

Dans ma vie y'a pas de double.

Je m'ancre à l'air du temps

J'm'évapore en nuage

Dans mon être y'a pas de liant

Dans l'attente y'a pas de liste

Dans mon rêve pas d'images

Dans mon flou pas d'artiste.

Je m'ancre à l'air du temps

J'épouse le consensus

Dans mes vues y'a pas d'persan

Dans ma foi y'a pas d'Christus

Dans mon destin pas d'chemin

Dans mon histoire pas de fin.

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La reine des abeilles se meurt !

La Fed, la BCE et la banque du Japon, ses médecins attitrés ont tout tenté. Intubations, ventilations, rien n'y fait. La ruche s'échauffe et la reine des abeilles se meurt.

Les gardiennes ont déjà donné l'alerte sur leur réseau mondial grâce à des PMS (Pheromone Messaging System) personnalisés.

Les guerrières ont entrepris de détruire les supposés ennemis en Afghanistan et en Iraq. Elles sont prêtes à en découdre avec toute menace réelle ou virtuelle.

A force d'économies et de privations, les ouvrières ont réussi à mettre sur pied des capacités de production extraordinaires. Elles prient pour leur reine.

Mais une reine malade ne produit plus assez d'individus pour assurer un niveau de consommation suffisant à la survie de sa ruche.

Déjà la dissidence couve. Les abeilles les mieux informées, les multinationales, cherchent à établir une nouvelle ruche.

La future reine sera l'une d' elles !

Culture du résultat et rupture

Ce sont les nouveaux buzzword dans la sphère politico-médiatique. Nicolas Sarkozy a donné le ton, et chacun s'empresse de reprendre la voix du maître.

Il faut expliquer à ce français moyen un peu lourdaud, toute la quintessence de ce concept tellement révolutionnaire.

D'ailleurs, les faits et gestes de notre Président deviennent des ruptures exemplaires de la mise en œuvre de la culture du résultat.

Quitte-t-il son char présidentiel pour aller serrer des paluches lors du défilé du 14 juillet ? Rupture !

Va-t-il passer ses vacances chez ses potes milliardaires ? Rupture !

Donne-t-il des leçons de vie aux sénégalais ? Rupture !

Enfile-t-il les casquettes de ses ministres ? Rupture !

Négocie-t-il directement avec les syndicats, avec Kadafi, le Farc, etc…? Rupture !

Tire-t-il la couverture médiatique à lui sur tout sujet ? Rupture !

Tout scénario est de rupture à l'once de cette nouvelle culture : la culture du résultat.

Le hic, c'est que cette culture du résultat n'est pas nouvelle. Elle est arrivée dans les entreprises dans les années 70 sous des appellations diverses : DPO direction par objectifs, démarche "objectifs – performances", démarche qualité, démarche de progrès …Avec elle toute un cortège de termes restés volontairement anglophones : benchmarking, banding, business process reengineering, downsizing, etc...

En gros ton patron t'impose des objectifs supposés réalistes et mesurables, tu te démerdes avec ton environnement pour les atteindre ou pas, et on compare avec tes résultats en fin de période. Si les résultats sont bons, tu peux avoir une promotion et à coup sûr tes objectifs seront plus élevés pour la prochaine période. S'ils sont mauvais, l'enfer n'est pas loin et c'est à coup sûr le purgatoire.

Tous les salariés connaissent les dégâts provoqués depuis quarante ans par ces méthodes qui donnent la primauté aux seuls résultats financiers. Tous les salariés ont connu des scénarii de rupture exposés par une direction générale salvatrice. Tous ont déjà entendu combien ces ruptures étaient rendues nécessaires par un environnement tellement concurrentiel, ma brave dame ! Tous ont vécu des fusions/acquisitions, et tous se savent sous la menace d'un LBO (leverage buy-out en anglais, en clair un acquéreur qui emprunte pour vous racheter et qui vous fait payer les mensualités de son prêt avant de vous revendre au plus vite. Seule compte la rentabilité à court terme au détriment de l'investissement industriel).

Le projet de notre président est à cet endroit très clair : il s'agit d'appliquer la culture du résultat à l'entreprise France, laquelle va devoir supporter les ruptures exigées par la très démocratique communauté financière : fusion dans l'Europe, puis mis au pas de la mondialisation. On ne peut rêver d'un schéma plus simple !

Les ruptures mises en avant par notre bonne presse ne sont pas en cohérence avec celles qui sont réellement à l'œuvre avec la culture du résultat. Rien à voir avec les vraies ruptures qui nous attendent. On assiste plutôt à la mise en œuvre d'une dynamique propre au Star System : faire rejaillir sur soi la notoriété positive de telle personne ou de tel évènement pour asseoir définitivement sa propre notoriété et sa propre reconnaissance. Communication et enfumage de la réalité. On gomme les affaires qui fâchent et on s'affiche en premier plan pour les "success stories". Allons, c'est d'un classique ! Mon directeur général ne fait pas autrement.

Finalement notre Président a une méthode tout à fait banale : rien de révolutionnaire dans tout cela ! C'est sans doute pour cela qu'il est si haut dans les sondages.

Je ne sais pas pour vous ? Mais moi ça ne me dit rien qui vaille pour le futur.